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L’école et l’anxiété des enfants autour de la Covid-19

Table des matières

D’abord, je voudrais vous rassurer. Ressentir une certaine nervosité lors de la rentrée scolaire est tout à fait normal! Je suis passée par là quand j’étais petite, et mes enfants l’ont vécu aussi. Chaque automne, les enfants partagent des émotions très communes qui se manifestent différemment.

En 2021, ces émotions se sont intensifiées en vertu des lois adoptées dans le but de maîtriser les effets de la COVID-19. Du coup, les enfants se sont heurtés à des restrictions sévères, les laissant parfois plus anxieux que d’habitude.

Je vous encourage à porter attention au comportement de votre enfant dans les premiers mois de l’année scolaire.

Parents, enseignants et enfants vivent de l’inquiétude en temps de pandémie, que ce soit à la rentrée scolaire ou à la mi-session pour les plus vieux, mais sachez qu’il existe des solutions afin de gérer les émotions intenses au cours de l’année scolaire 2021-2022.

Mon message s’adresse principalement aux parents : il existe de nombreuses stratégies afin de soutenir et aider vos enfants à gérer cette situation éprouvante.

DES DIFFICULTÉS COURANTES CHEZ LES ENFANTS LIÉES À LA COVID-19

Les difficultés d’ordre émotionnel

Tout d’abord, faisons la nuance entre l’anxiété et le stress.

Le stress est une réponse de l’organisme afin de s’adapter à un événement qui se produit. C’est tout à fait normal de ressentir du stress, voire sain. Le stress nous permet de mobiliser nos ressources afin de faire face à une demande extérieure, nous permettant ainsi de nous adapter.

Lorsque ce besoin d’adaptation demeure trop longtemps dans l’organisme, l’anxiété est générée. Concrètement, l’humain anticipe et craint ce qui arrivera ou non et vivra beaucoup d’inquiétude lorsqu’il se remémorera des événements.

En cette époque marquée par la Covid-19, les enfants ont à subir quotidiennement plusieurs types d’adaptation, dès la rentrée scolaire. Même si certains enseignants affirment qu’en général, nous sous-estimons la capacité d’adaptation des enfants, il y a des parents qui se soucient du comportement de leurs enfants; ils sont anxieux, dépressifs et certains vont jusqu’à s’automutiler.

Selon moi, les deux réalités existent. Certains enfants s’adaptent très bien ou plus facilement que d’autres. Tandis que d’autres enfants présentent des difficultés d’adaptation : ils peuvent développer des traumatismes, des phobies ou des peurs. Par exemple, depuis mars 2020, les enfants entretiennent de l’inquiétude quant à l’état de santé de leurs proches, ou sont tourmentés par leur propre état de santé. N’oublions pas que les enfants d’aujourd’hui sont exposés très facilement aux nouvelles ainsi qu’à la désinformation.

Les difficultés d’apprentissage ou cognitives

Les enfants qui ont déjà des fragilités dans leur apprentissage font face à de plus grands défis depuis le début de la pandémie. Ce sont des enfants qui n’ont pas eu le soutien ou l’enseignement adéquat dont ils ont besoin pour bien intégrer les notions abordées dans leurs matières scolaires.

Les enseignants ont fait de leur mieux pour transmettre toute l’information virtuellement, mais l’ont fait dans des conditions particulières. Les enfants nécessitant un suivi plus étroit n’ont pas pu profiter d’un encadrement approprié.

Avec la fermeture des classes, les enfants ont vu leur la matière de leurs cours condensée; ils ont dû absorber l’information plus rapidement et pour certains, il s’agit d’un défi supplémentaire difficile à relever dans un contexte stressant.

Si un enfant a connu quelques difficultés dans une matière récemment, cela ne veut pas forcément dire qu’il présente un trouble d’apprentissage. Avant de poser un diagnostic il faut lui donner du temps, dans une année scolaire normale, pour observer si les choses se replacent naturellement.

Selon moi, les deux réalités existent. Certains enfants s’adaptent très bien ou plus facilement que d’autres. Tandis que d’autres enfants présentent des difficultés d’adaptation : ils peuvent développer des traumatismes, des phobies ou des peurs. Par exemple, depuis mars 2020, les enfants entretiennent de l’inquiétude quant à l’état de santé de leurs proches, ou sont tourmentés par leur propre état de santé. N’oublions pas que les enfants d’aujourd’hui sont exposés très facilement aux nouvelles ainsi qu’à la désinformation.

COMMENT SAVOIR SI MON ENFANT EST ANXIEUX?

Les signes physiques de l’anxiété

Voici quelques symptômes physiques que vous devez surveiller s’ils surviennent plus qu’à l’occasion:

Mal de tête;

Mal au coeur;

Manifestation de mal au ventre avant d’aller à l’école.

Ces symptômes s’accompagnent souvent de l’évitement de faire une activité ou une tâche. Votre enfant essaiera de se soustraire à ce qu’on lui demande. Par exemple:

Si vous lui demandez d’aller parler à quelqu’un, il refusera;

Si vous lui demandez d’accomplir un devoir, une tâche ménagère ou une simple responsabilité, il déclinera.

Refuse de partir pour l'école le matin, plusieurs fois par semaine.

Du coup, il utilisera plusieurs excuses afin d’éviter pareille situation. C’est une manière pour lui d’essayer de reprendre le contrôle sur ce qui lui arrive.

Les signes physiques de l’anxiété

Si votre enfant pleure de façon démesurée, vous avez devant vous une manifestation possible d’anxiété. De plus, s’il dit « non » beaucoup plus souvent qu’à l’habitude, il peut s’agir également d’un signe d’anxiété.

À l’inverse d’un trouble d’opposition, l’enfant cherche à contrôler ce qui lui arrivera et éviter les situations imprévisibles. Donc, par réflexe, il répondra non à ce qui lui est proposé, même si la proposition semble invitante, personnalisée ou « cool ». Par la suite, il prendra le temps d’analyser la situation et se dira : « ah, peut-être que je devrais participer à cette activité! ». Il est possible qu’il revienne sur sa décision.

COMMENT SAVOIR SI MON ENFANT EST ANXIEUX?

Si un enfant qui, en temps normal, parle beaucoup se met soudainement à parler très peu, c’est important de vérifier directement auprès de lui s’il a des préoccupations ou des inquiétudes nouvelles. On peut simplement lui partager notre observation en lui disant par exemple : « Il me semble que tu nous parles beaucoup moins ces temps-ci. Y a-t-il quelque chose qui t’inquiètes dont tu voudrais discuter avec nous? ».

Si votre enfant vous répond « je ne sais pas », ne vous découragez pas.

Les très jeunes enfants ont souvent du mal à mettre en mots ce qui se passe à l’intérieur d’eux-mêmes. Beaucoup d’enfants peu importe leur âge vont aussi répondre « je ne sais pas » lorsqu’on les questionne sur leurs états d’âme : je le vois beaucoup dans ma pratique.

Un bon truc est d’explorer plusieurs pistes et suggérer à l’enfant des options de réponse variées qui l’aideront à nommer comment il se sent. Par exemple :

Est-ce que tu parles peu parce que c’est une période où tu es très concentré sur ce qu’il se passe à l’école?

Est-ce que c’est parce que tu es bien dans le silence et tu ne ressens pas le besoin de parler?

Est-ce que tu es inquiet de la Covid? Est-ce que le masque te dérange?

C’est possible que votre enfant ne ressente tout simplement pas le besoin de parler. Mais vos questions pourraient aussi briser la glace et donner lieu à un flot de paroles et d’émotions. Si votre enfant se met à pleurer, par exemple, ou vous confie de grandes inquiétudes, restez présents pour l’accompagner dans ce qu’il ressent et demandez-lui ce que vous pouvez faire pour l’aider.

Pour rassurer votre enfant et lui donner du pouvoir sur ce qui lui arrive, vous pouvez lui demander de réfléchir avec vous à des manières dont il pourrait lui-même se faire du bien dans les moments difficiles : faire des exercices de respiration ou de méditation, par exemple, ou prendre une pause yoga avec vous à la maison. Cette manière de le responsabiliser lui fait voir qu’il a les capacités de se faire du bien et qu’il n’est pas seulement une victime impuissante d’événements extérieurs.

COMMENT SAVOIR SI MON ENFANT EST ANXIEUX?

Pour résumer, la meilleure manière d’aider un enfant qui vit de l’anxiété est d’être proactif et de proposer des pistes de réponses.

Établir et maintenir une bonne communication. Rester à l’affût des signaux non-verbaux de l’enfant qui peuvent parfois traduire de l’anxiété mieux que les mots. Poser des questions et proposer des pistes de questions si l’enfant parle peu de lui-même.

Proposer à l’enfant de trouver des manières de se faire du bien lorsque l’anxiété prend le dessus. Aidez-le à trouver ses propres trucs et techniques de relaxation, par exemple. De cette manière il sentira qu’il a un certain contrôle sur la situation.

Recadrer ses craintes et ses peurs en allant chercher de l’information fiable. Vous pouvez aider votre enfant à aller vérifier les probabilités réelles des scénarios catastrophes qu’il s’imagine. Pour être rassurés, les enfants anxieux ont besoin de faits concrets et crédibles.

Établir un plan de match pour l’éventualité où un événement redouté surviendrait. Que se passe-t-il si votre enfant attrape la Covid? Il peut être bénéfique de lui expliquer en détail comment la famille va s’organiser, et démontrer à votre enfant qu’il y a un plan pour assurer sa sécurité.

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